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WALOU vous mène en bateau

L’instant T et l’effet mer a encore frappé. WALOU a toujours eu un lien étroit avec les éléments et la mer en particulier. Partons aujourd’hui à la rencontre de WALOU qui nous est présenté par le Musée Maritime de La Rochelle.

Présentation de WALOU

Année
Type
Architecte
Chantier
1962
Sloop bermudien
Eugène CORNU
CN Aubin Frère (La Tortière – Nantes)
 Caractéristiques
Longueur Hors Tout8,5 m
Longueur à la flottaison7,75 m
Bau maximum2,73 m
Tirant d’eau1,3 m
Tirant d’airm
Déplacement3,682 tonnes
Lesttonnes
Surface maximale de voilure au prés30 m²
MoteurVolvo 28 cv
Agréé à l’année le17/06/2008

Walou est arrivé à La Rochelle en 2007 avec un nouvel armateur. Paul Aubin, constructeur du navire en 1962 avec ses frères, sur un plan d’Eugène Cornu lui a rendu visite en Février 2008.

WALOU lors de la semaine du Golf en 2013

Il a confirmé que ce fut sans doute le dernier bateau construit dans le chantier historique de la Tortière à Nantes avant le déménagement du chantier naval Aubin à Rezé et le début de la construction de la série “Muscadet” (plan Philippe Harlé). Il se souvenait également du nom du commanditaire, Mr Eon, de Nantes. Les plans et papiers ne sont pas disponibles. Le Chantier Aubin a été fondé en 1926 par Baptiste Aubin sur les bords de l’Erdre. Ses fils lui succèderont et pendant plus de 60 ans, plusieurs centaines de bateaux vont être construits sur les plans Bertrand, Cornu puis Harlé.
Eugène Cornu a passé son enfance à Nantes, observant les bateaux ce qui indéniablement l’influencera dans ses conceptions. Il sait reconnaître un bateau qui marche. Son oncle, travaille aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, lui apprend à tracer des coques.
Eugène Cornu était atteint par la poliomyélite très jeune. Amputé d’une jambe et fort handicapé, se déplacera toute sa vie avec des béquilles ce qui ne l’empêchera jamais d’être au plus prés du “terrain” à bord des bateaux en chantier ou sur l’eau, se hissant à la force des bras.
En octobre 1919, il entre chez Nieuport, un pionnier de la construction aéronautique, près de Paris, dont les racers ont disputé des championnats à Monaco en 1920. Le chantier est vendu en 1923 date à laquelle Eugène entre en tant que dessinateur chez Paul Jouët dans son chantier naval de Sartrouville. Autodidacte, Eugène Cornu va vouer toute sa vie un profond respect à Paul Jouët, ingénieur du génie maritime et à Victor Brix qui va œuvrer également chez Jouët dans les années 1930.
Dés 1923 ses plans seront publiés dans la revue Le Yacht mais il faut attendre 1925 pour la première publication d’un plan signé de son nom. Il a alors 22 ans.
Avant la Seconde Guerre mondiale il développe surtout des plans de dériveurs de régate, comme le “Bélouga”, dériveur lesté de 1943, qui lance véritablement sa carrière.
Avec la victoire dans la Cowes-Dinard de “Jalina” en 1947, son talent est consacré et il obtient le titre d’architecte naval reconnu.
Après guerre, toujours principalement chez Jouët, il collabore avec d’autres chantiers très réputés comme le chantier Aubin (dont est issu Walou) le chantier Pichavant à Pont l’Abbé (plus de 60 plans Cornu), Rameau à Etel, Vandernotte et Béziers à Nantes, Bonnin et Matonnat à Arcachon, Constantini à La Trinité sur mer, Hervé à La Rochelle, Jezequel à Carantec…

WALOU en 2010 (Photo : Franck Bichon)

Certains bateaux sont construits à l’unité comme “Jalina” (1946), “Danycan” (1949 – vainqueur de la Plymouth-La Rochelle 1957), “Striana” (1955 arrière canoë), “Hallali” (1956), “Albena” (1957 à bord duquel Jacques Brel apprend à naviguer)…
D’autres deviendront des séries (Licorne, Bélouga, Ambriz, Mousse, Bar, Caneton…).
Une constante, on ne dessine pas un bateau pour passer au travers des “trous” de la jauge, toute modification de ses plans est considéré comme une trahison.
On reconnaît la signature des plans Cornu aux francs-bords n’excédant pas 10 %, tableau inversés ou lignes très pures des arrières canoës…
Après la mort d’Eugène Cornu en 1987, ses archives ont été déposées au Musée de la Marine, qui dispose d’environ 130 de ses plans.
Pour en revenir à Walou, en 1999, M. Sevat le propriétaire de l’époque après avoir un peu abandonné Walou a décidé de restaurer le mât, la descente, les coffres et le moteur.
Le propriétaire suivant Mr De Laulanié effectuera de très belles croisières : Espagne, Portugal, Canaries, Maroc, Gibraltar… en solitaire. Il restaure le pont en 2005.
Il arrive en 2008 sur les quais du Musée Maritime de La Rochelle et participe pour la première année aux épreuves du Challenge Classique Atlantique.
Mais trop petit pour une famille qui s’agrandit, il change de propriétaire en 2010.
Déplacé au port des minimes en 2014 pour des facilités de navigation, “Walou” est plus heureux aujourd’hui lors des navigations familiales dans les pertuis charentais que lors de régates contre ses contemporains ou plus jeunes de type “racers”.

Source : Musée Maritime de La Rochelle

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